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Written by AEKbis   
Saturday, 02 May 2020 09:12

Chapitre I


Chaque jour, un militant et internaute emprisonné : l’Algérie d’aujourd’hui est pire que celle de Bouteflika

By Abdou Semmar -04/05/2020




Triste régression. Inquiétante déchéance. Le 22 février 2019, des millions d’Algériens sont sortis dans les rues de toutes les villes du pays pour dire non au 5e mandat et réclamer le changement politique avec une alternance démocratique et une démocratisation des institutions de leur pays. Une année plus tard, l’Algérie se retrouve prise en otage par un régime encore plus dictatorial, répressif, violant les droits civiques les plus élémentaires de nos concitoyens. Le constat est amer, mais personne ne peut cacher cette vérité : l’Algérie d’aujourd’hui est pire que celle de Bouteflika.

 

 

Chaque jour, oui chaque jour, des militants convoqués par les services de sécurité. D’autres interpellés manu militari. Interrogés, frappés, insultés, humiliés, ils sont ensuite déférés devant les tribunaux qui les placent en détention sans aucune pitié sans respecter le moindre article de la Constitution algérienne.

Prenons quelques exemples. A Ain Témouchent, une jeune appelé Mohamed Latreche a été convoqué dimanche par les services de sécurité pour une enquête à propos d’une caricature sur Tebboune Abdelmadjid qu’il avait publié sur Facebook ! Oui, une enquête pour une image dérisoire sur Tebboune.  La police l’a obligé à signer un PV à la fin de l’interrogatoire. Et la justice risque de convoquer ce jeune internaute dans les jours à venir pour l’inculper officiellement et lui infliger une peine de prison ferme comme ce fut le cas pour de très nombreux militants et activistes du Hirak dont la liste des détenus est chaque jour actualisée par le comité national de libération des détenus (CNLD). Une liste interminable à laquelle les avocats volontaires et valeureux du CNLD rajoutent chaque jour de nouveaux noms. Il s’agit de ces nouveaux militants, internautes incarcérés au nom de l’arbitraire et suivant des accusations totalement farfelues comme « outrage au Président de la République » ou « atteinte à l’unité nationale ». Les publications sur Facebook sont naturellement les seules pièces à conviction présentées pour maquiller « légalement » les incarcérations des militants du Hirak.

Cette nouvelle dictature qui s’instaure en Algérie brise des familles, fait pleurer des mères laissées orphelines par leurs enfants partis se sacrifier dans les prisons algériennes avec l’espoir que leur combat en faveur de la démocratie en Algérie finira par aboutir. Depuis deux jours, toute la toile algérienne est émue et bouleversée par les images de la maman de Malik Riahi et les larmes qu’elle avait versé devant le portail du tribunal de Ain Temouchent où son fils a été condamné à 18 mois de prison ferme pour une vidéo et des publications  sur Facebook. Malik Riahi savait pertinemment qu’il allait être incarcéré à la suite de sa convocation judiciaire. Il n’avait pas fui, il ne s’est pas évadé. Non pas la Harga, il a préféré affronter la bête immonde, celle de ce système totalitaire qui emprisonne à tout toute honte bue. Avant de partir en prison, il avait « légué » aux algériens une vidéo sur les réseaux sociaux où il demande à ses camarades de prendre soin de sa « maman ».

Combien de mamans ont versé des larmes pour leurs fils sacrifiés par le régime algérien ? Combien de mamans se sont lancées dans des cantiques pour maudire ces juges qui emprisonnent leurs enfants sur un simple coup de fil ?

L’Algérie du 22 février 2019 ne s’est pas battue pour se retrouver dans une situation aussi dramatique. Oui, l’Algérie de Bouteflika était corrompue, mal-gérée, frustrante et désespérante. Mais celle d’aujourd’hui est bien pire : elle écrase la faible, le fragile pour permettre au plus fort de s’accaparer de tous les pouvoirs. Sous l’ère Bouteflika, les Algériens ne partaient pas aussi nombreux dans les prisons pour des caricatures dérisoires sur Facebook, des publications ordinaires ou de simples commentaires critiques à l’égard du régime. Reconnaître cette vérité est essentielle pour comprendre l’actuelle profondeur de la régression politique de notre pays.

Les Algériens, et les Algériennes, ne vont pas se taire. Ils ne céderont pas à ces intimidations quotidiennes. Demain, lorsque la crise sanitaire du coronavirus COVID-19 sera derrière nous, les rues du pays vont s’embraser de nouveau. La dictature algérienne n’a donc pas encore gagné le match. L’arbitre n’a pas sifflé la fin de la partie. C’est notre dernier espoir…


Chapitre II


APPEL DU CŒUR ET DE LA RAISON :

ADRESSE CITOYENNE À NOS GOUVERNANTS


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AEK*


Note de l’éditeur: J’assume la responsabilité de publier cet article en se contentant des initiales de l’auteur à ne pas confondre avec Abdelkader Abid dont les deux e-book sortiront bientôt, et en me mettant à sa disposition au cas où il souhaite le supprimer du site academia.edu.

Pourquoi cette 1ère publication? Je ne peux pas me permettre de créer les collections: Palestine, Syrie, Liban sans la création de cette nouvelle collection: L’Algérie - Al-Hirak.

Amin Elsaleh


Sachez Messieurs, que si vous voulez prendre en considération ce conseil que j’ose vous livrer en ma qualité de modeste et humble citoyen partageant avec des millions d’autres la devise « Algérie libre et démocratique », la première chose à rechercher  et à mettre en œuvre est avant tout, celle de gagner la confiance du cœur et de la raison du peuple et de ses élites d’ici et d’ailleurs. Sans cette confiance retrouvée et préservée rien ne sera possible et/ou réalisable. Sans elle, l’Algérie ne sera pas remise sur de véritables rails ; ceux de la justice, du progrès, de la modernité, de l’équité et du développement durable.

Écrire la légende, la romance ou le récit d’une nation digne de ce nom ne saurait, voyez-vous Messieurs, se faire uniquement en intra-muros, dans des cabinets restreints travaillant dans des espaces feutrés et capitonnés.  Sans démocratie, sans transparence et sans ouverture sur des idées novatrices, fortes et déterminantes pour l’avenir de notre pays et la cohésion de notre société plurielle qui se veut être unie et fraternelle, l’Algérie, ne peut ni fonctionner, ni se construire, ni se développer durablement pour le bien-être de ses citoyennes et citoyens. Pour s’en convaincre,  il n’y a qu’à voir et méditer  ces multiples exploits et initiatives, ces actes solidaires remarquables, individuels ou collectifs qu’ont suscités  l’isolement et le confinement total de la wilaya de Blida, face à la pandémie du Coronavirus. Cela démontre s’il en était besoin toute la vitalité, l’intelligence et le désir de bien faire de notre peuple lorsqu’il mesure à sa juste valeur, le bien fondé de ses efforts et de la mobilisation de sa jeunesse enthousiaste et solidaire, dans la continuité de son grand Mouvement populaire et pacifique du Hirak « béni » du 22 février 2019.

C’est pourquoi, il vous faudra considérer cet indispensable et nécessaire regain de confiance comme étant intimement lié  à votre volonté d’accepter et de mettre en œuvre un mode de gouvernance plus juste et mieux approprié, aux grands défis attendant notre peuple et notre pays. Si vous continuez à travailler et à gouverner dans la peur de déplaire, vous ne ferez que réagir à la conjoncture, mais sans beaucoup de réflexion, analyse et /ou maturation de vos actions. Il vous faudra donc, tourner le dos à la politique du « pilotage à vue » que vos prédécesseurs ont initiée dans les années 80 et qui fut érigée en système de gouvernance avec l’avènement du « boutéflikisme » en 1999. Il est donc impérieux et indispensable de faire de la prospective, de planifier et d’anticiper sur les évènements à moyen et long termes. Cela signifie et voudra dire qu’il vous faut, élaborer et mettre en œuvre une politique en rupture avec celle consistant à limiter vos actions à de simples « planches et chapelets » de réformes. Car si vous persistez dans cette voie,  les citoyens et citoyennes lambda risquent de la percevoir encore, comme une méprise à leur égard,  eux  qui ne sont pas habitués à faire les meilleures lectures des prises de décisions aussi pertinentes soient-elles. Ils sont plutôt en attente, de signaux forts de changement et d’apaisement. En vous focalisant sur le calendrier politicien et en réagissant au coup par coup, vous vous laisserez confisquer le temps utile de la réflexion.

Vous n’êtes pas sans savoir messieurs, que nos  concitoyens aspirent à plus de liberté, de démocratie et n’accepteront jamais plus d’être trainés, tel des « moutons de panurge» vers des lendemains incertains. Convenez avec moi, que ça fait trop longtemps que nous sommes dans une situation d’immobilisme et de dormance. Le pays somnole, tourne en rond,  tâtonne comme par peur d’avancer et que dans ce contexte maussade, les Algériennes et Algériens ne voient pointer aucune éclaircie à l’horizon si ce n’est cette régression qui les tétanise.  C’est dire que le regain de confiance a un prix ! Beaucoup de travail reste à faire pour résorber l’accumulation de nos ressentiments enfouis au plus profond de nous-mêmes. Vous devez donc faire preuve d’imagination et de créativité car notre peuple, à l’instar de bien d’autres à travers le monde, a besoin qu’on le fasse rêver sur un grand projet national fédérateur des volontés et des initiatives, pourtant disponibles et importantes, et qui soit à hauteur de la dimension géostratégique de notre «pays-continent», l’Algérie. C’est vous dire, Messieurs, que sont toujours présents dans la mémoire collective de notre peuple, ces projets majeurs qui ont « marqué » son ADN des décennies durant et laissé leur empreinte sur le maillage de son territoire et ceux de ses voisins subsahariens, en l’occurrence : le barrage vert et la transsaharienne pour ne citer que ces deux projets.

Ces grands travaux du service national, dont le premier a été initié par anticipation sur le risque majeur de la désertification des étendues steppiques et le second, par souci d’intégration et de complémentarités des économies africaines, ont marqué durablement les esprits de notre jeunesse des années 70 et celles des pays voisins. Ils furent menés « tambour battant » par des jeunes du service national qui ne cherchaient nullement à fuir leurs responsabilités citoyennes et qui, par leur enthousiasme, ont su tisser entre eux, des relations d’amitié et de fraternité durables. Ces sentiments de civilité, se sont traduits un demi-siècle plus tard, par le fameux « khaoua - khaoua », ce magnifique et ô combien sincère cri de ralliement clamé tout au long de l’année 2019 dans les rues de nos villes, d’Est en Ouest et du Nord au sud, dans un même élan de solidarité. N’est-ce pas là, chose formidable que ce capital pour un nouveau départ d’une Algérie nouvelle, fière de l’être et capable de réaliser les rêves des générations anciennes, celle de Novembre notamment, pour libérer socialement, économiquement et culturellement le pays de tout asservissement ?  Laissez-nous y croire ? Ne décevez pas nos attentes s’il vous plaît ?

Alors oui, il vous faudra forcément, un peu plus de richesse et de diversité de la pensée, en vous assurant de l’implication la plus large possible des cadres d’ici et d’ailleurs. Cette participation concerne aussi, ces commis de l’État intègres, compétents et efficaces,  que vos prédécesseurs depuis maintenant plus de trois décennies ont marginalisé et laissé sciemment sur le bord de la route, alors que leur apport aurait permis à notre pays  de se redresser, de progresser et de réussir son émergence. Cette ressource humaine technique, scientifique, culturelle et administrative, d’ici et d’ailleurs, injustement écartée et mise au « placard », n’attend d’ailleurs de vous aucun retour d’ascenseur, ni d’éventuelles dividendes matérielles et/ou moraux. Elle a toujours marqué sa disponibilité à être au service exclusif de son pays, alors que longtemps négligée et occultée par des gouvernants dont l’obligation était pourtant de lui faire appel en utilisant efficacement ses compétences et son expertise. Cet appel ne c’est pas fait parce qu’ils étaient beaucoup plus préoccupés par leur entrisme dans le monde des affaires, alors qu’ils étaient chargés d’assurer le bien-être de « leur » société.

Non polluée par la proximité d’oligarques véreux, cette ressource humaine qualifiée, se distingue aussi par sa probité et son honnêteté  intellectuelle. Elle n’a rien de ces courtisans zélés qui ont toujours évolué en « bourdons battant leurs ailes » au voisinage des centres de décisions, sans que leur cohabitation ne se soit révélée de quelque utilité publique avérée et désintéressée. Alors que pas toujours visibles et encore moins utiles dans les moments difficiles, ils ont toujours prétendu être les forces vives de la nation. Ne dit-on pas dans notre langage populaire : « Hafna n’hel Kheir man chouari deben » ? Oui, c’est très juste ! Une poignée d’abeilles vaut certainement mieux qu’un bissac  plein de mouches nuisibles ! Cet élan populaire, solidaire, fraternel et spontané, exprimé avec force le 22 février 2019, se doit de trouver son écho dans la reprise de l’œuvre d’édification nationale que d’aucuns avaient mis entre parenthèses après avoir donné la primauté à leurs intérêts égoïstes, avant ceux de l’Algérie qui leur a pourtant tout donné. Cette dynamique tant attendue et souhaitée, est à  inscrire dans les principes de justice, d’équité et d’égalité des chances entre citoyens, en tout lieu de notre vaste et riche territoire. C’est là pour vous et pour nous tous, une opportunité à saisir pour sortir grandis de l’épreuve du coronavirus, après notre confinement, même si nous aurons à subir, comme d’ailleurs tout le reste du monde, les effets négatifs d’une crise économique qui s’annonce des plus difficile et face à laquelle, il faudra bien se serrer les coudes. C’est là une autre épreuve qui nous attend et que nous devons affronter en rangs serrés, unis dans une même tranchée car il s’agira de relance économique sur de nouvelles bases, en assurant en tout premier lieu et du mieux que nous pouvons, notre sécurité alimentaire dont dépend  notre souveraineté nationale.

Il vous appartient de mettre les ingrédients nécessaires en parlant vrai et en apaisant les cœurs meurtris de bon nombre de nos concitoyennes et concitoyens qui n’aspirent qu’à vivre en paix ! Faites-le  en votre âme et conscience, sans chercher à plaire forcément ! Informez correctement vos administrés qui sont loin d’être dupes ; est-ce là une entreprise difficile ? Laisser une empreinte de votre passage, équivaut à mettre de la volonté et de la détermination dans le travail productif qui fait perler la sueur des fronts, pour toute la durée de vos mandats ! Oui ! Bien sûr ! Vous allez me dire : « Mais notre société est-elle suffisamment mâture et prête à consentir plus d’efforts et de sacrifices ? » Il suffit que vous donniez l’exemple pour être suivis par les gens qui attendent de leur gouvernement ce premier signe. Après tout, a-t-elle un autre choix dans cette conjoncture de crise ? À y regarder de près, notre société a depuis bien longtemps opéré sa mue pour devenir elle-même, c’est-à-dire, une entité ancrée dans des valeurs humanistes, comme elle le prouve de jour en jour quand l’intérêt commun l’exige et que sa conscience le lui dicte.

Bien sûr, rien n’est parfait et elle compte encore en son sein, d’incorrigibles énergumènes combinards  et  tire-aux-flancs qui cherchent par tous les moyens illégaux à tirer leur épingle du jeu, alors qu’ils sont attirés par le gain facile ! Mais pour peu que vous arriviez à gagner la confiance du peuple par l’envoi de signaux forts, la société d’aujourd’hui n’est pas si différente de celle d’antan, qui a cru en ses propres forces. Une fois mise en confiance, il n’y a pas de raison à ce qu’elle puisse  ressembler à celle de ses parents qui faisaient du travail utile dans la probité, l’exemplarité et la moralisation de la vie publique, ses crédos. Il est donc attendu de vous, de faire de chaque jour, un combat et un défi pour notre survie dans un contexte annonciateur de crise très difficile, mais pas du tout insurmontable, si tout le monde apporte sa part  d’effort et de sacrifice. Cela veut dire que nous devons être toutes et tous égaux face à la difficulté et le partage dans la pénurie. Il faut juste considérer notre peuple comme une entité mâture, en lui disant la vérité, si vous voulez qu’il se surpasse comme il a su le faire dans bien d’autres situations aussi critiques que pénibles.

Notre société cherche à sortir du carcan dans lequel le système l’a installée, après avoir brimé et castré les énergies, le savoir, l’intelligence et a réussi chemin faisant, à inhiber toutes les initiatives citoyennes qu’elles soient collectives ou individuelles. L’expérience de celles et de ceux qui sont partis tenter leur chance ailleurs dans un environnement plus propice au travail, à la libre initiative et à la créativité, est là pour dire et prouver par la force de l’action, qu’à chaque fois que sont libérés  le génie, les intelligences  de nos concitoyennes et concitoyens, il est alors possible d’obtenir des  résultats et d’améliorer la situation de notre pays qui éprouve bien des difficultés à sortir de ces « sables mouvants » où il s’est enlisé.  Alors…, oui ! Nous sommes comme le dit un dicton plein de sagesse et si pertinent : « dans cette nécessité de transformer nos erreurs en leçons et nos peurs en courage. » C’est ce que nous devons commencer à faire ensemble. Mais surpasser ses peurs et les apprivoiser, c’est tout d’abord mettre entre parenthèses l’instant d’une mobilisation sans faille pour un sursaut salvateur et surtout durable, toutes ses contraintes qui empêchent notre société d’avancer dans la voie du progrès et de la modernité. Il nous faudra tourner définitivement le dos aux archaïsmes et aux pesanteurs dans lesquels  nous a maintenu le système, cette « bête » qui s’est mordue la queue et a avalé les plus méritants de ses petits. C’est pourquoi, il vous faudra vous défaire de la médiocratie et de son alliée la corruption, cette pratique honteuse qui a fait parler d’elle dans les arcanes de la République, en prenant option pour la méritocratie.

Il faut développer, cette fois-ci, un mode de gestion des affaires publiques qui soit plus consensuel, plus inclusif et responsabilisant tous les acteurs concernés qui se doivent d’agir dans le sens de l’intérêt général, et uniquement cela. Ce nouveau mode doit permettre, une meilleure gouvernance articulée autour de : l’exercice de l’autorité, sur la base d’une nouvelle légitimité favorisant la participation citoyenne, l’équité, la fabrication du consensus comme principes de gestion des ressources de la  collectivité et des affaires publiques. Cette manière d’agir juste doit limiter les champs d’intervention de l’administration dans le fonctionnement  de la  société et de l’économie pour optimiser la rentabilité des individus et des groupes dans le processus social de création de la valeur. « Le Gouvernement efficace n’est-il pas en fait, celui dont la Société a de moins en moins besoin pour la satisfaction de ses besoins de base ? » Il faut que nos gouvernants puissent dire sans détour  à leur concitoyens, que c’est dans la légalité républicaine et l’État de droit que réside l’unique issue pour notre salut de nation qui n’a pour seul choix, que d’être unie et solidaire dans sa diversité plurielle. Car, en tant qu’individus œuvrant chacun selon ses propres forces, ses astuces de rapine et ses capacités de débrouille, c’est là une toute autre « romance ». C’est à vrai dire, le « sauve-qui-peut » annonciateur de l’effritement, sinon de l’effondrement de la cohésion sociale et de la solidarité nationale. Alors, il va falloir se ressaisir, retrousser ses manches, prendre des initiatives collectives et individuelles et apprivoiser ses peurs pour faire grandir le courage de bâtir ensemble, une Algérie nouvelle, plus humaine, plus proche de la morale et plus solidaire. Remettre « le train Algérie » sur rail, équivaut à engager le pays sur la voie du savoir et de la connaissance.

La logique est donc celle de la performance, de la compétition et de l’exemplarité, où il n’y a que les meilleurs qui pourront rester sur le champ de l’action. C’est là, une urgence de l’heure ! Nous devons accepter cette nouvelle règle, qui devra mettre sous les feux de la rampe, les hommes et les femmes les mieux habilités à nourrir le rêve d’une nation ancrée dans son siècle et non ceux qui achètent des postes dans les hautes sphères des institutions et ceux qui amassent des fortunes sans s’acquitter de leurs impôts ? Il s’agit de faire le choix idoine d’hommes et de femmes pouvant porter cet idéal, d’une société de la convivialité et du vivre-ensemble, basée sur le partage équitable des richesses et de la prospérité … Écrire le « roman » d’une société émancipée, suppose une écoute permanente de ses pulsations et une participation effective du citoyen, qui doit être obligatoirement promu au rang d’acteur incontournable dans le processus de développement qui, pour gagner en efficience et efficacité, se doit d’être nécessairement décentralisé à l’échelon régional, et déconcentré à l’échelon local. Il s’agit de ramener de la quiétude chez nos concitoyens « déboussolés » et apaiser leur angoisse largement motivée par un lendemain fait d’incertitudes quant à leur avenir. C’est dire qu’il faille sans plus tarder, « siffler » la fin de la « récré » qui n’a que trop duré, au point où songer à travailler sérieusement sans prendre le temps de festoyer dans la démesure source de gaspillage de nos énergies, relève de la plus haute urgence.

Il faut considérer que l’avenir n’est en fait, que le reflet de l’angle de perception que l’on aura choisi …  La société du mérite, est celle qui renvoie à cette valeur morale qui fait référence à l’effort des individus qui arrivent le plus souvent à surmonter les difficultés de la vie courante, par sens du devoir et par aspiration au mieux-être de la société. Tout cela devra se faire dans l’intérêt général de la collectivité nationale et rien de plus ! La méritocratie est donc ce système de bonne gouvernance qui met en valeur les individus méritants par leur classe, leur grandeur, leur honnêteté, leur honneur, leur moralité, leur talent et leur vertu. C’est là autant de qualités qui distinguent l’organisation des sociétés modernes, où les gens utiles sont aussi reconnus en fonction de leurs efforts intellectuels et physiques, de leur créativité, leur intelligence managériale, leurs aptitudes scientifiques, professionnelles,  techniques, leur sens de la direction et du commandement. Dans ce type de gouvernance, aucune référence n’est faite à l’origine sociale des individus, à leur appartenance à un système reposant sur la parenté de sang, le clanisme, le tribalisme et le copinage.

Cela veut dire qu’une nation déterminée à asseoir les conditions de son émergence en tant qu’entité éligible à la prospérité, se doit de faire le bon choix de l’intégration de ces milliers de cadres sous-utilisés et de l’appel au « potentiel dormant » que constituent les très nombreux cadres condamnés pour l’heure, à l’isolement d’une retraite précoce ou d’un quotidien oisif et amer, alors que l’ensemble de nos collectivités et de nos institutions sont dans un besoin crucial d’expertise. Que l’on en juge ! C’est en réunissant un conseil d’experts autour de lui, que le Premier Ministre de la Malaisie, Mahathir Bin Mohamed a réussi à faire, en l’espace de deux décennies (1981-2003)  de ce pays multiculturel, multilingue et marqué par le pluralisme religieux, un pays émergent exemplaire, à la singulière trajectoire de croissance … Et si par sursaut d’orgueil et par « nif » nos gouvernants décident de faire de même ? À partir de la mobilisation de toute la ressource humaine sans exclusive, il sera alors possible d’assister toutes nos assemblées élues par des « panels d’experts » et « des conseils consultatifs », qui peuvent devenir de véritables centres de formation de la société civile. Femmes et hommes, cadres de la Nation, scientifiques, intellectuels, artistes, professions libérales, forces productives, gardiens de l’intégrité et de la sécurité de notre territoire et toutes celles et tous ceux qui comptent dans notre société, se doivent tout au contraire, de continuer malgré tout, à  apporter leur contribution sans se décourager.

Oui ! Il faut finir par s’en convaincre, nous avons tout pour réussir, pour peu que nous prenions nos distances par rapport au système basé sur l’économie de bazar ou informelle qui est la véritable source du mal  qui frappe notre société. C’est avec elle que sont nés les corrupteurs et les corrompus. C’est-elle, avec ses milliers de  containers et ses centaines de chambres froides destinées à la rétention des biens, qui est à l’origine  de la cherté de la vie qui inquiète nos concitoyennes et nos concitoyens en cette veille du Ramadhan. Ces « vampires » suceurs de sang sont en « guerre » contre leur peuple qui tente de résister à la provocation de ces gens sans foi ni loi, alors que l’État semble s’être délesté de sa mission régalienne de régulation et ses marchés de gros sont devenus inopérants et/ou livrés aux spéculateurs, ayant pignons sur rue. Honte à vous, esprits mafieux ! Oui ! Notre ressource humaine doit être reconsidérée en tant que « locomotive » du « train Algérie » qu’elle est seule habilitée à mener à bonne destination. Alors, pourquoi se priver des services de cette ressource humaine qualifiée et disponible ? «  C’est en croyant aux roses qu’on les fait éclore », a dit Anatole France ! Et quelle meilleure occasion d’exprimer sa volonté à le faire, que cette période de confinement qui est celle du recueillement, des bilans de conscience et de la remise en question des politiques et gouvernances inadaptées et inefficaces du système précédent … Elle est à saisir comme une opportunité de questionnement et de réflexion, car notre destin peut contenir de bonnes et de mauvaises surprises. Pour vivre en paix avec soi-même, il ne faut jamais se décourager et se dire, même lorsque cela ne va pas, que les choses finiront par s’arranger alors que le moral est au plus bas, comme l’est le baril de pétrole. Il faut tout simplement se remettre en question de temps à autre, afin de pouvoir évoluer en cherchant de façon consensuelle les meilleures solutions et infléchissements de nos politiques quand elles deviennent inefficaces et éloignées de nos préoccupations.

En cette période d’activités réduites, nous devons apprendre à contrôler nos émotions, en allant puiser au plus profond de nous-mêmes les forces nécessaires pour faire face à nos soucis individuels et collectifs. En se remettant en question de façon franche, nous finirons bien par trouver des alternatives à l’érosion de la rente pétrolière et gazière, aux importations massives en produits alimentaires, au gaspillage inconsidéré du pain et autres denrées payées en devises fortes, au dérèglement des circuits de distribution des fruits, légumes et viandes, au dysfonctionnement de nos systèmes d’éducation et de santé, à la redynamisation du secteur public productif qu’il faudra reconstruire et à tant d’autres choses … Mais pour revoir tout cela, les uns et les autres devront faire preuve de raison et de sagesse, afin de mieux se comprendre et se supporter , à l’effet d’honorer toutes les revendications exprimées par le « Hirak » du 22 février 2019, en dehors des attitudes extrémistes de tous bords qui ne peuvent mener qu’au blocages et aux dérapages à hauts risques. C’est à partir de signaux forts, exprimés par les pouvoirs publics en cette direction, que pourra se  rétablir la confiance et qu’il sera alors possible, d’avancer d’un même pas résolu, vers un horizon prospère dans l’intérêt de toutes et de tous… Il faut y croire !

*Professeur

1er commentaire par Sylvie Betinjaneh

J’ai reçu aujourd’hui son commentaire

Cette publication est extraordinaire Amin  tellement d’idées. Tellement de rêves  j’espère que la moitié sera réalisée !  C’est un excellent reportage. Non seulement pour l’Algérie. Mais pour le monde entier. Et surtout. La Syrie,le Liban.  (Le moyen Orient. Surtout )  je dirai « pour un monde libre et. Démocratique . Ce conseil pour l’Algérie  je le dédie à toutes les gouvernances  Mondiales  et si cela se réalise à moitié je serai dans l’admiration !  Car nous vivons dans un monde "sable mouvant"  il faut remettre le train mondial sur les rails.    Peut- être. En croyant aux roses on les fait éclore  comme a dit   Anatole France:   Je suis pessimiste  peut- être  rien ne va plus:  où est la fraternité,  la justice, l'égalité, la transparence, la vérité, la solidarité. ?il nous faut. Une gouvernance plus juste, une mobilisation de la jeunesse. Pacifiquement et non des moutons de Panurge libérés socialement économiquement et culturellement de tout asservissement.  En tous cas un peu d’espoir  devenir une entité à créer  dans des valeurs  humanistes, dans le progrès,  la technologie,  les découvertes   En éliminant  la corruption ( pratique  honteuse )  dans  la performance et la compétition loyale Cœur et raison ensemble.

Last Updated on Friday, 15 May 2020 07:03
 

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